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Les Cartes et leurs Origines (William Eston)


Définition des cartes à jouer : pièces rectangulaires en carton ou en plastique dont l'une des faces est ornée de figures ou de chiffres, servant à divers jeux de hasard ou de stratégie.

Historique

L'origine des cartes est très controversée ! Il semble que les premiers jeux soient apparus en Orient (en Inde ou en Chine) en même temps que le papier-monnaie.


  • Les Chinois en utilisaient sous une forme embryonnaire dès le VII° siècle, mais la parenté de ces 'cartes à jouer' avec les cartes européennes, via Marco Polo, est peu probable.
    En Chine, le mille fois dix mille cartes est quant à lui composé de trois séries de neuf lames et de trois atouts! Ce sont probablement ces types de jeux qui ont pénétré les premiers en Occident, selon des cheminements qu'il paraît difficile d'identifier commodément.

  • Dans le Proche-Orient : On retrouve des traces remontant au XII° ou XIII° siècle d'un jeu mamelouk dont la forme est très proche du jeu italien. Par ailleurs, le nom de certaines figures (naib malik et thani naib) rappelle le mot italien naibbe ainsi que le mot espagnol naipes, qui désignent les cartes à jouer. D'autre part, un des plus anciens documents évoquant les cartes à jouer, la chronique de Viterbe (1379) évoque les 'Sarrasins'.

  • En Europe, les cartes à jouer ont été mentionnées pour la première fois au XIV° siècle!: Niccolo Della Tuccia, dans sa Chronique de Viterbe, note qu'en 1379 ! 'fut introduit à Viterbe le jeu de cartes, qui vint du pays des Sarrasins et qui s'appelle chez eux Naib.!'Dès la fin du XIVe siècle, les jeux de cartes sont par conséquent largement diffusés en Europe : selon le père jésuite P. Ménestrier (1631-1705), le roi Charles VI en commanda en 1392 à son peintre Jacquemin Grignonneur, ' pour une somme de cinquante-six sols parisis!'. Les cartes, peintes à la main, étaient alors très onéreuses. Toutefois, un décret interdisant l'utilisation des cartes à jouer par les travailleurs hors des jours de repos fut voté à Paris en 1397 : celles-ci étaient par conséquent produites en assez grande quantité, généralement par impression xylographique. Au XV° siècle, ces cartes étaient principalement fabriquées dans les manufactures d'Ulm, en Allemagne. Avec l'invention de l'imprimerie, la popularité des cartes augmenta encore.

  • Les Naïbis ou Carticelles furent très populaires en Italie dès le début du XV° siècle.

  • En Inde, un des jeux les plus anciens s'appelle le dasavatara. C'est un jeu composé de 120 cartes de dix couleurs, inspirées des dix avatars ou incarnations de Vishnou. Les cartes indiennes sont généralement rondes et de tailles diverses! Elles sont habituellement en carton laqué, en papier mâché ou parfois en ivoire.

    Une utilisation peu commune de cartes
    Jusqu'au début du XIX°, le papier était rare rare. Comme le dos des cartes est blanc à cette époque, beaucoup de cartes eurent une seconde vie et finirent en : mots doux, certificats de mariage, cartes de visite, reconnaissances de dettes, réclames, ordres d'incarcération, ... La révolution française les a même utilisées comme monnaie !
    Ces usages ont permis de sauver de nombreuses cartes de cette époque. On a ainsi retrouvé des notes de Molière, Napoléon ou Rousseau, des listes d'invités de Louis XVI, ...

    Composition d'un jeu de cartes occidental
    Un jeu de cartes type est composé de cartes généralement rectangulaires, réparties suivant 4 séries. Chaque série comporte des cartes de points et des figures (généralement 3). On appelle portrait la manière dont sont dessinées les figures.

    Les séries et les formes et portraits varient suivant les régions, suivant les jeux. Les cartes peuvent être rondes, comme en Inde : certains jeux originaux définissent leurs propres séries ou en ajoutent de nouvelles (jusqu'à 12 !).

    La tendance est toutefois à la standardisation autour des enseignes 'françaises' (pique, coeur, carreau et trèfle), qui sont les plus simples à fabriquer. Les portraits, eux, restent très associés aux jeux nationaux : un 'jeu de bridge' sera un jeu au portrait anglais, tandis qu'un 'jeu de belote' désignera un jeu au portrait français.

    Voici les traductions des séries françaises en allemand et en anglais :

  • Français : Pique, Coeur, Carreau, Trèfle.

  • Anglais : Spades, Hearts, Diamonds, Clubs.

  • Allemand : Pik, Herz, Karo, Kreuz.

    Les cartes et la tricherie :

    La tricherie était présente à la naissance du jeu, et elle sera certainement présente jusqu'à sa mort.
    La proportion des tricheurs varie beaucoup, suivant les jeux, les régions et les époques. Il est évident que, dès que l'argent intervient, la proportion de tricheurs est plus importante. Dans certains cas, la tricherie est la règle. C'est le cas pour le bonneteau, dont le but est de plumer le 'pigeon' de passage ou l'aluette, où la tricherie est codifiée - chaque joueur doit essayer de donner un maximum d'informations à son partenaire en en donnant le moins possible à ses adversaires. On peut aussi citer le cas des riverboats du Mississipi, au XIX° siècle : on raconte qu'il n'y avait qu'une poignée de joueurs honnêtes sur plusieurs milliers.

    La tricherie a aussi un versant spectaculaire et positif : les magiciens utilisent les mêmes outils, les mêmes méthodes mais dans le but uniquement d'impressionner et de distraire.

    Les premières cartes à jouer ont un dos uni. Les défauts, salissures, variations de teinte du papier facilitent l'identification des cartes par les 'pipeurs', qui peuvent alors connaître facilement le jeu de leur adversaire. Il ne fait toutefois pas bon tricher : doigts ou oreilles coupées, bannissement, ... Les peines sont lourdes pour qui se fait prendre !

    A partir de la fin du XVIII° siècle, le législateur et les cartiers innovent pour lutter contre la tricherie : les dos tarotés remplacent les dos blancs, les cartes s'épaississent pour ne plus pouvoir être lues par transparence, les coins arrondis limitent la possibilité que les cartes soient cornées...

    Un peu de vocabulaire du monde de la tricherie :

  • dos taroté : dos recouvert d'un motif .

  • pipeur : désigne un tricheur. Le mot est notamment employé par Rabelais : il disparaît petit à petit à partir de la fin du XVIIe au profit de 'tricheur'.

    Quelques expressions liées aux cartes:

  • ' Brouiller les cartes ' : rendre une situation confuse...

  • ' S'écrouler comme un château de cartes ' : se dit de constructions aussi fragiles qu'un château de cartes

  • ' Le dessous des cartes ' : avoir l'explication d'une situation ou d'un évènement.

  • ' Jouer cartes sur table ' : ne rien dissimuler.

  • ' Jouer sa dernière carte ' : c'est le dernier espoir de renverser le cours des évènements.

  • ' Jouer la carte de ... ' c'est s'engager dans quelque chose d'un certain point de vue (exemple : jouer la carte de la franchise).

  • ' Etre sous la coupe de quelqu'un ' : c'est jouer juste après le joueur qui posé un atout - la carte que l'on pose (si ce n'est pas un atout) n'a aucun effet sur la suite de la levée. D'où, au sens figuré, être sous la dépendance de quelqu'un.

  • ' As ' : est emprunté au latin as 'unité' (de monnaie, poids, mesure). Le mot français apparaît au XII° siècle pour désigner la face du dé marquée d'un seul point.'

  • ' Un as ou l'as des as ' : l'as étant la plus forte carte du jeu, le mot par extension désigne un champion, voire un pilote de chasse d'exception (pendant la Première Guerre Mondiale).

  • ' Passer à l'as ' (disparaître) vient plutôt du jeu de dé : l'as ne vaut qu'un point et est donc négligeable, alors que dans le jeu de cartes, il est généralement la plus forte carte.

  • ' Etre plein aux as ' : être riche.

  • ' Fichu comme l'as de pique ' : vient d'un calembour sur être fichu comme l'hast de pique (le manche de pique) et signifie être mal habillé ou mal bâti.


    Merci à William Eston pour nous avoir communiqué cet article.

    Cet article est la propriété de Magies.com et de William Eston.

    Magies.com le 15/05/2001

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